Le concert d’ouverture du festival de l’EOFed en mai 2025 devant le Palais des Papes à Avignon.

Grand groupe de la SFO au Festival européen des orchestres à Avignon

Pendant le week-end de l’Ascension 2025, 35 personnes issues d’orchestres membres de la SFO ainsi que trois orchestres membres complets ont participé au Festival européen des orchestres à Avignon. La délégation suisse s’est montrée enthousiaste face à l’ambiance internationale, à la diversité musicale haute en couleur et à la ville chargée d’histoire.

Mercredi 28 mai, peu avant midi à la gare de Berne : je remarque sans cesse des personnes avec des étuis d’instruments. « Se rendent-elles aussi avec nous au Festival européen des orchestres à Avignon ? », me demandé-je. Effectivement, tous les participant·e·s inscrit·e·s de toute la Suisse se retrouvent ponctuellement sur la Schützenmatte à Berne, de sorte que le car affrété par la SFO peut partir comme prévu à 11h30, rempli de musiciennes et musiciens d’orchestre enthousiastes. Je retrouve dans le car quelques nouveaux visages, mais surtout beaucoup de connaissances. Nombre d’entre eux sont atteints du même « virus » : une fois qu’on a participé à un Festival européen des orchestres de l’EOFed, on a envie d’y retourner. L’une des participantes, Brigitte Köppel, l’exprime ainsi : « Nous avons déjà vécu Tallinn et Saint-Pétersbourg, Crémone et Bergen, et tout s’est toujours bien passé. C’est chaque fois un événement formidable ! »

Afin de permettre également une participation confortable à cette édition du festival, la SFO a organisé, sous la direction de Hedi Boller – ancienne membre de longue date du comité et aujourd’hui membre d’honneur – un voyage commun en car pour les personnes de Suisse participant individuellement au festival à Avignon.

Voyage vers Avignon en car affrété par la SFO

Le trajet en car se déroule de manière très agréable – jusqu’à ce que nous nous retrouvions bloqué·e·s dans un embouteillage important durant les 120 derniers kilomètres, en ce long week-end de l’Ascension. Cela n’entame cependant en rien la bonne humeur générale. Nous nous réjouissons d’autant plus du dîner commun au Grand Hôtel d’Avignon, où loge la plupart des participant·e·s. Nous apprécions beaucoup le confort de notre hôtel. Tant les hôtels que les lieux de concert sont facilement accessibles à pied et se situent dans ou à proximité de la vieille ville historique d’Avignon.

Le jeudi matin, les différents ateliers débutent. Comme toujours lors de ce type de festival, un certain flottement règne au départ, le temps que chacun trouve son atelier et que les répétitions puissent commencer. Cette année encore, la Fédération européenne des orchestres (EOFed), sous l’égide de laquelle le festival est organisé et dont la SFO est membre, a proposé un large éventail d’ateliers : de la musique française (baroque), au classique, au romantisme (avec deux ateliers consacrés à Bruckner et Tchaïkovski), en passant par le jazz et la musique de film – il y en avait pour tous les goûts. Les chefs et cheffes des ateliers ont été unanimement salués.

Le jeudi soir, le concert d’ouverture a lieu dans une atmosphère chargée d’histoire, devant le Palais des Papes dans la vieille ville. Malgré des conditions très venteuses (le mistral est un hôte régulier !), l’Alumni Sinfonieorchester der Universität Bern (ALSO), également membre de la SFO, brille sous la direction de Martin Studer avec le Concerto pour violon de Tchaïkovski (soliste : Alexandre Dubach) et une version habilement raccourcie de la 1ʳᵉ Symphonie de Brahms.

Outre l’ALSO, le plus grand orchestre participant en formation complète, deux autres orchestres de la SFO sont présents au festival : le Kammerorchester der Basler Chemie (KOBC) ainsi que l’Orchesterverein Oerlikon. Avec les nombreux participant·e·s individuels, la Suisse constitue ainsi la délégation la plus importante de musicien·ne·s à Avignon.

De nombreux ateliers, concerts de clôture et toujours une excellente ambiance

Par des conditions estivales, les répétitions se poursuivent le vendredi dans les ateliers. L’après-midi est consacré au tourisme, avant que, le soir, les premiers concerts des orchestres venus en formation complète ne soient au programme. Un orchestre de jeunes estonien ouvre la soirée, suivi du KOBC suisse, puis des Pec Strings de Hongrie. Un mélange coloré qui illustre parfaitement la diversité de la musique orchestrale.

Le samedi est ensuite entièrement consacré aux concerts de clôture des différents ateliers : à midi dans la grande salle, la « La Scala » (eh oui, elle existe aussi à Avignon !), puis le soir en plein air sur l’île du Rhône, un peu à l’écart de la vieille ville, les résultats de deux jours de répétitions (et de nombreuses heures de travail préalable à la maison) sont présentés à un public joyeux et de bonne humeur. « J’ai beaucoup apprécié les ateliers. Le fait qu’une musique aussi exigeante et belle ait pu naître en si peu de temps m’a profondément impressionnée, et pouvoir y participer directement a été une expérience formidable pour moi », témoigne Helene Steiner du groupe de la SFO. Après le concert du soir, un buffet d’adieu est proposé en plein air.

Bien que le voyage de retour du dimanche soit également marqué par quelques ralentissements dus aux embouteillages, le trajet reste très agréable. Peu avant 17 heures, tous les participant·e·s du voyage de la SFO arrivent à Berne sains et saufs. « J’ai beaucoup aimé l’ambiance exceptionnelle, et j’ai trouvé magnifique que des musiciennes et musiciens de pays très différents soient présents », résume Therese Berger au nom de tous les impressions de ces derniers jours.

Le festival de l’EOFed en bref

  • La Fédération européenne des orchestres (EOFed) organise le festival en collaboration avec des partenaires locaux.
  • Le festival a lieu tous les trois ans : en 2022 à Plovdiv (BG), en 2018 à Bergen (NO), en 2015 à Crémone (IT) et en 2012 à Tallinn (EST).
  • Les festivals proposent des ateliers orchestraux allant du baroque à la musique contemporaine, de la musique de film au jazz. Lors de l’inscription, les participant·e·s indiquent leurs préférences et sont ensuite réparti·e·s en conséquence.

Cet article a été publié pour la première fois en 2025 sur les pages de la SFO dans la Revue musicale suisse (RMS).