Mercredi 28 mai, avant midi à la gare de Berne : je vois régulièrement des personnes portant des étuis d’instruments. « Est-ce que ces personnes voyagent aussi avec nous au Festival européen des orchestres à Avignon ? », me demandé-je. Effectivement, tous les participant·e·s inscrit·e·s venant de toute la Suisse se retrouvent ponctuellement à la Schützenmatte à Berne, si bien que le car affrété par la SFO peut partir comme prévu à 11h30, rempli de musiciennes et musiciens enthousiastes.
Dans le car, je retrouve quelques nouveaux visages, mais surtout beaucoup de connaissances. Beaucoup sont atteints du même virus : dès que l’on a participé une fois à un Festival européen des orchestres de l’EOFed, on a envie de revivre l’expérience. Brigitte Köppel, l’une des participantes, le formule ainsi : « Nous avons déjà vécu Tallinn et Saint-Pétersbourg, Crémone et Bergen, et tout s’est toujours parfaitement déroulé. C’est à chaque fois un événement formidable ! »
Afin de faciliter la participation au festival actuel, la SFO a organisé, sous la direction de Hedi Boller – ancienne membre de longue date du comité et aujourd’hui membre d’honneur – un voyage en car pour les participant·e·s suisses s’inscrivant individuellement au festival à Avignon.
Voyage à Avignon en car affrété par la SFO
Le trajet en car se déroule de manière très agréable – jusqu’à ce que nous soyons pris dans un important bouchon sur les 120 derniers kilomètres, à l’occasion du week-end de l’Ascension. Cela n’entame en rien la bonne humeur générale. Nous sommes d’autant plus heureux de partager ensuite un dîner commun au Grand Hôtel à Avignon, où loge la majorité de notre groupe. Nous apprécions beaucoup le confort de notre hébergement. Les hôtels comme les lieux de concert sont facilement accessibles à pied et se situent dans ou à proximité du centre historique d’Avignon.
Le jeudi matin, les différents ateliers débutent. Comme toujours lors de ce type de festival, c’est un peu chaotique au début, le temps que chacun trouve son atelier et que les répétitions puissent démarrer. Cette année encore, la Fédération européenne des orchestres (EOFed), sous l’égide de laquelle le festival est organisé et dont la SFO est membre, a proposé un large éventail d’ateliers : de la musique française (baroque) au jazz, en passant par le classicisme et le romantisme (avec deux ateliers consacrés à Bruckner et à Tchaïkovski) ainsi que la musique de film – il y en avait pour tous les goûts. Les chef·fe·s d’atelier ont été unanimement salué·e·s.
Le jeudi soir, le concert d’ouverture a lieu dans une atmosphère historique, devant le Palais des Papes, dans la vieille ville. Malgré des conditions très venteuses (le mistral est un habitué des lieux !), l’Alumni Sinfonieorchester de l’Université de Berne (ALSO), également membre de la SFO, a brillé sous la direction de Martin Studer avec le Concerto pour violon de Tchaïkovski (soliste : Alexandre Dubach) et une version habilement abrégée de la 1re Symphonie de Brahms.
Outre l’ALSO, le plus grand orchestre participant en formation complète, deux autres orchestres membres de la SFO ont fait le déplacement : le Kammerorchester der Basler Chemie (KOBC) et l’Orchesterverein Oerlikon. Avec les nombreux participant·e·s individuel·le·s, la Suisse était ainsi représentée par la délégation de musicien·ne·s la plus importante à Avignon.
De nombreux ateliers, concerts de clôture et toujours une excellente ambiance
Sous des conditions estivales, les répétitions se poursuivent le vendredi dans les ateliers. L’après-midi est consacré aux visites, avant que les premiers concerts des orchestres venus en formation complète ne soient donnés en soirée. Un orchestre de jeunes estonien ouvre la soirée, suivi du KOBC venu de Suisse, puis de l’ensemble Pec Strings de Hongrie. Un mélange coloré qui illustre à merveille la diversité de la musique orchestrale.
Le samedi est entièrement consacré aux concerts de clôture des différents ateliers : à midi dans la grande salle, « La Scala » (oui, elle existe aussi à Avignon !), ainsi que le soir en plein air sur l’île du Rhône, un peu à l’écart de la vieille ville, les résultats de deux jours de répétitions (et de nombreuses heures de travail individuel en amont) sont présentés à un public enthousiaste et de bonne humeur. « Les ateliers m’ont beaucoup plu. Le fait qu’en si peu de temps, une musique aussi exigeante et belle ait pu émerger est très impressionnant, et le fait d’y participer activement a été une véritable expérience pour moi », explique Helene Steiner, membre du groupe de la SFO. Après le concert du soir, un buffet d’adieu est proposé en plein air.
Bien que le trajet de retour du dimanche soit lui aussi légèrement retardé par des embouteillages, le voyage se déroule dans de bonnes conditions. Peu avant 17 heures, tous les participant·e·s du groupe de la SFO arrivent sains et saufs à Berne. « J’ai beaucoup aimé l’ambiance et j’ai trouvé formidable que des musiciennes et musiciens venus de tant de pays différents soient présents », résume Therese Berger, exprimant ainsi l’impression générale de ces derniers jours.
Le festival de l’EOFed en bref :
- La Fédération européenne des orchestres (EOFed) organise le festival en collaboration avec des partenaires locaux.
- Le festival a lieu tous les trois ans. Les dernières éditions ont eu lieu en 2022 à Plovdiv (BG), en 2018 à Bergen (NO), en 2015 à Crémone (IT) et en 2012 à Tallinn (EST).
- Le festival propose des ateliers orchestraux allant du baroque à la musique contemporaine, de la musique de film au jazz. Lors de l’inscription, chaque musicien·ne indique ses préférences et est ensuite réparti·e en conséquence.
Cet article a été publié pour la première fois en 2025 sur les pages de la SFO dans la Schweizer Musikzeitung (SMZ).